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« Prêt à jeter » des TIC

Résultats de recherche - "Obsolescence Planifiée"

Résultats de recherche sur « Obsolescence Planifiée » – Google.ca le 4 novembre 2012

Un blogueur doit impérativement comprendre certains concepts qui permettent de maximiser sa vitrine virtuelle sur la toile. Même si je ne mets pas beaucoup d’efforts à augmenter ma visibilité, je m’intéresse malgré tout aux termes recherchés par les internautes qui les dirigent vers ce blog, question de prendre le pouls de leurs intérêts. Par l’outil de statistiques de la plateforme WordPress, j’ai constaté qu’une expression revient régulièrement : « obsolescence planifiée ». J’ai donc fait une recherche à mon tour sur ces mêmes termes pour découvrir que le site TotaleTIC.com arrive en première page des résultats de Google! (1) HouHou, quelle visibilité! Une fois l’euphorie passée, c’est la surprise: comment mon tout petit blog réussit-il à atteindre ce classement sur une expression pourtant simple? N’est-ce pas un sujet majeur de la problématique environnementale, que des journalistes sérieux couvrent quotidiennement dans la francophonie? Peut-être que le sujet n’est finalement pas très populaire et plutôt méconnu, d’où ce classement inespéré! (2)  Peu importe, ceci me servira d’introduction au sujet du jour, sujet que vous avez déjà deviné.

Un lien qui lui aussi arrive en première page sur l’expression « obsolescence planifiée » (en date de la publication de ce billet) est un article discutant d’une « arnaque », et présentant un excellent reportage d’ARTE intitulé Prêt à jeter (vous pouvez le visionner ici, je vous le recommande fortement si le sujet vous intéresse, c’est une heure de votre temps bien investi!). Arnaque n’est pas le terme juste: une arnaque implique une escroquerie, alors que l’obsolescence planifiée est tout à fait légal et est un phénomène qui ne date pas d’hier. Si vous visionnez le reportage, on vous présentera des cas où l’illégalité s’installe, comme le cartel de l’ampoule, ou le recours collectif visant la durée de vie des batteries du iPod d’Apple (petit vidéo humoristique ici). L’exemple de l’imprimante Epson est d’ailleurs à la limite de la légalité…

Alors, si l’obsolescence planifiée (ou obsolescence programmée, ou désuétude calculée) est légale, qu’est-ce que c’est au juste? Selon le Dictionnaire Terminologique :

Politique de fabrication ou de production qui consiste à établir la longévité commerciale d’un produit ou à fixer arbitrairement la durée de vie utile d’un appareil, d’une machine, de façon à en assurer le remplacement.

Autrement dit, lors de la conception d’un produit, les manufacturiers prennent une décision (volontaire) d’assurer la pérennité de leur entreprise (c.-à-d. augmenter leurs profits) en diminuant la longévité du produit, forçant le consommateur à remplacer ledit produit prématurément.

Les exemples d’obsolescence planifiée chez les TIC sont (beaucoup?) trop nombreux. Si le reportage d’ARTE pouvait être édité à nouveau, il discuterait probablement de la sortie du iPhone 5 et de l’obsolescence engendrée par son nouveau connecteur (sujet d’un billet précédent). Mais comment remédier à ce problème? Une piste de solution est l’application du concept de Responsabilité Étendue du Producteur (RÉP). Et lorsque lois et règlements supportent le concept, on peut provoquer un changement positif. Utopie?

(1)    Apparaitre en première page des résultats d’une recherche via l’engin Google, c’est comme monter sur le podium aux Olympiques… Notez que sur Bing.com, TotaleTIC.com n’a pas un classement de champion, et que pour arriver en première page, on doit ajouter TIC à l’expression « obsolescence planifiée TIC ».

(2)    L’algorithme qu’utilise Google pour le classement des sites lors de recherches de mots clés dépend de plusieurs facteurs, et les paramètres ne sont pas tous connus, mais plutôt déduits par les spécialistes du SEO (Search Engine Optimization). Si le classement peut parfois paraitre arbitraire, c’est que l’algorithme favorise entre autres le contenu pertinent dans un site. J’avoue ne pas être une spécialiste, mais c’est ce que j’en comprends.

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S’enfarger dans ses lacets…

Dévoilement du iPhone 5 à San Franscisco – 12 septembre 2012. Photo: AFP

Bon, les vacances, c’est terminé! Je retrouve mes bonnes vieilles habitudes d’écrire, et de sursauter aux informations qui nous entourent…

Aujourd’hui, c’est le dévoilement du iPhone 5. Je ne vous parlerai pas de l’obsolescence planifiée des versions précédentes du iPhone, ce serait trop facile (et le phénomène n’est pas unique au iPhone, il touche toute l’industrie de la mobilité). Le lancement du iPhone 5 m’a plus tôt rappelé une petite histoire bien amusante que j’utilise pour rappeler que la pomme n’est pas … verte! Ou du moins, la pomme est pleine de trous…

Février 2009, à l’aube de la foire commerciale du GSMA de Barcelone, cette nouvelle amène un vent positif : le GSMA et 17 manufacturiers et opérateurs de téléphonie mobile annoncent qu’ils adopteront le chargeur universel pour les téléphones mobiles. La Commission Européenne mettait aussi de la pression sur les manufacturiers en proposant ces mêmes recommandations. Les avantages d’un chargeur universel sont grands : moins de déchets (lors de la fin de vie des téléphones, les chargeurs pourront être réutilisés), et ces chargeurs pourraient ne plus être inclus au moment de l’achat d’un téléphone (donc réduction des impacts lors de la fabrication), incitant de ce fait le consommateur à conserver son chargeur précédent. Et on s’entend : un chargeur, c’est un fil avec 2 bouts dont un devient une prise, et ça n’a pas vraiment une grande valeur en terme de propriété intellectuelle!

Mais voilà, un grand absent fût remarqué lors de cette annonce de 2009 : Apple n’a pas signé l’entente de Barcelone, avec toutes sortes de prétextes. Et si vous avez pris connaissance de quelques détails de l’annonce du iPhone 5, vous voyez maintenant le lien que je tente d’amener : le nouveau iPhone 5 utilisera le connecteur Lightning, plus petit que le connecteur courant d’Apple (pour plus de détails sur ce connecteur, c’est ici). L’impact de ceci? Tous vos accessoires pour produits Apple devront être « adaptés » grâce à un bidule qui, si la rumeur se concrétise, sera vendu exclusivement par Apple. Donc en plus de ne pas suivre la voie du chargeur universel (qui utilise un connecteur standardisé), Apple force la production d’une toute nouvelle génération d’objets périphériques pour s’adapter au iPhone 5 et autres produits qui suivront.

Peut-on vraiment prétendre à un geste durable de la part d’Apple?

Les manufacturiers des technologies de l’information obtiennent un D+ pour leur politique de développement durable.

Lorsqu’on parle de chaine d’approvisionnement durable, on inclut aussi l’approvisionnement responsable. Les années 90, pour l’industrie du vêtement par exemple, ont été sous la loupe pour ce qui est des conditions de travail (« sweatshop », utilisation d’enfants dans les usines, etc.), où le porte-parole de la marque encaisse tous les coups. Kathie Lee Gifford et Michael Jordan sont devenus en quelque sorte l’emblème de la responsabilité quant à ce phénomène.

Mais voilà que le monde des TIC surpasse maintenant l’industrie du vêtement, selon une étude récente d’Oekom Research AG. Les manufacturiers de téléphones mobiles et d’ordinateurs seraient d’ailleurs parmi les pires du secteur (ici pour plus de détails). Le Technology Review du MIT nous fait d’ailleurs réfléchir sur le fait que l’industrie des TIC ne reconnait pas le concept du commerce équitable, et que les pratiques actuelles de production de type « juste-à-temps » mettent une pression additionnelle sur les travailleurs.

Sommes-nous prêts comme consommateur à payer plus cher pour offrir aux travailleurs qui produisent et assemblent nos gadgets des TIC, des conditions acceptables? Sommes-nous prêts à réduire notre consommation vis-à-vis ces produits, à les utiliser jusqu’à la fin de leur vie utile, sans être influencé par un facteur de mode qui les rend obsolètes trop rapidement? Je vous laisse y réfléchir.

PS : Saviez-vous que selon l’Office québécois de la langue française et son Grand dictionnaire terminologique, « sweatshop » se traduit par atelier de pressurage, ou atelier d’exploitation? J’espère que vous ne m’en voudrez pas d’avoir utilisé « sweatshop »… :)

De téléphone intelligent à supertéléphone

Depuis le début de ce blogue, je suis beaucoup plus interpellée par ce qui m’entoure, car beaucoup de sujets peuvent naître d’un grain de sable. Le dernier en liste : une publicité de Bell et sa gamme de supertéléphone. J’avoue ne pas l’avoir remarqué avant, même si Bell semble avoir adopté cette nouvelle appellation en début d’été 2011.

Oui, après les téléphones intelligents, nous avons droit au supertéléphone! C’est un peu comme passer de l’humain intelligent à l’humain bionique. Si vous ne voyez pas le lien, c’est peut-être que ça ne fait pas vraiment de sens, justement…

Les téléphones intelligents sont certainement des technologies de la famille des TIC, et seront un sujet de choix sur ce blogue, sans aucun doute. Le terme « téléphone intelligent » est défini comme suit, selon le Grand Dictionnaire Terminologique de l’OQLF:

Téléphone cellulaire qui, en plus d’offrir des fonctions téléphoniques, intègre un assistant numérique personnel qui le transforme en un outil de communication hybride capable de traiter et de transmettre par voie radioélectrique des données informatiques ou multimédias.

Bell Mobilité offre via son site web un outil permettant de comparer une sélection de téléphones intelligents avec sa gamme de supertéléphones. La différence? Sur 2 téléphones pris au hasard, on obtient : un processeur double cœur (et l’autre pas), un écran un peu plus grand et de meilleure résolution, et une caméra plus performante. C’est tout. Pas que ces spécifications soient inintéressantes, mais valent-elles vraiment le superlatif de « super »? À quand alors le megatéléphone? En fait, ces téléphones viennent soutenir des changements de l’offre Télé mobile de Bell Mobilité annoncés quelques mois auparavant.

J’ai déjà abordé rapidement le sujet de l’obsolescence planifié de produits dans mon billet précédent. Les téléphones intelligents sont probablement parmi les technologies des TIC les plus influencées par le concept d’obsolescence planifié. Vous vous procurez un téléphone et voilà que quelques mois plus tard, il est mis de côté et remplacé par une nouvelle génération plus performante (et le modèle payé très cher que vous avez dans vos poches est maintenant offert à $0 avec abonnement). Est-ce alors excessif d’utiliser « super » pour un téléphone intelligent qui dans moins d’un an sera à son tour en liquidation?

Google a déjà joué avec le terme lors du lancement de son Nexus One en 2010. Déjà, on s’interrogeait sur la validité du terme et ses prétentions marketing. Pourquoi, un an plus tard, Bell a-t-il suivi cette route, sachant qu’elle ne mène nulle part? Si au moins il y avait un avantage compétitif réel, si au moins ils avaient un design facilitant leur démantèlement et récupération, en un mot, si au moins ils mettaient moins de pression sur l’environnement et les poches des consommateurs, dans une approche de développement durable… Là, je lèverais mon chapeau à un changement vraiment innovateur et « super »!