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De téléphone intelligent à supertéléphone

Depuis le début de ce blogue, je suis beaucoup plus interpellée par ce qui m’entoure, car beaucoup de sujets peuvent naître d’un grain de sable. Le dernier en liste : une publicité de Bell et sa gamme de supertéléphone. J’avoue ne pas l’avoir remarqué avant, même si Bell semble avoir adopté cette nouvelle appellation en début d’été 2011.

Oui, après les téléphones intelligents, nous avons droit au supertéléphone! C’est un peu comme passer de l’humain intelligent à l’humain bionique. Si vous ne voyez pas le lien, c’est peut-être que ça ne fait pas vraiment de sens, justement…

Les téléphones intelligents sont certainement des technologies de la famille des TIC, et seront un sujet de choix sur ce blogue, sans aucun doute. Le terme « téléphone intelligent » est défini comme suit, selon le Grand Dictionnaire Terminologique de l’OQLF:

Téléphone cellulaire qui, en plus d’offrir des fonctions téléphoniques, intègre un assistant numérique personnel qui le transforme en un outil de communication hybride capable de traiter et de transmettre par voie radioélectrique des données informatiques ou multimédias.

Bell Mobilité offre via son site web un outil permettant de comparer une sélection de téléphones intelligents avec sa gamme de supertéléphones. La différence? Sur 2 téléphones pris au hasard, on obtient : un processeur double cœur (et l’autre pas), un écran un peu plus grand et de meilleure résolution, et une caméra plus performante. C’est tout. Pas que ces spécifications soient inintéressantes, mais valent-elles vraiment le superlatif de « super »? À quand alors le megatéléphone? En fait, ces téléphones viennent soutenir des changements de l’offre Télé mobile de Bell Mobilité annoncés quelques mois auparavant.

J’ai déjà abordé rapidement le sujet de l’obsolescence planifié de produits dans mon billet précédent. Les téléphones intelligents sont probablement parmi les technologies des TIC les plus influencées par le concept d’obsolescence planifié. Vous vous procurez un téléphone et voilà que quelques mois plus tard, il est mis de côté et remplacé par une nouvelle génération plus performante (et le modèle payé très cher que vous avez dans vos poches est maintenant offert à $0 avec abonnement). Est-ce alors excessif d’utiliser « super » pour un téléphone intelligent qui dans moins d’un an sera à son tour en liquidation?

Google a déjà joué avec le terme lors du lancement de son Nexus One en 2010. Déjà, on s’interrogeait sur la validité du terme et ses prétentions marketing. Pourquoi, un an plus tard, Bell a-t-il suivi cette route, sachant qu’elle ne mène nulle part? Si au moins il y avait un avantage compétitif réel, si au moins ils avaient un design facilitant leur démantèlement et récupération, en un mot, si au moins ils mettaient moins de pression sur l’environnement et les poches des consommateurs, dans une approche de développement durable… Là, je lèverais mon chapeau à un changement vraiment innovateur et « super »!

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