Archives mensuelles : février 2012

Change.org, ou comment les technos changent le monde … durablement

Site de Change.orgUne émission de télé américaine que j’adore : CBS Sunday Morning. Je ne l’écoute pas souvent en direct puisque j’ai autre chose à faire le dimanche matin à 9 h! Mais ce matin, au retour d’une marche avec le chien à -20˚C, j’ai pris le temps de regarder quelques segments. Et l’un d’entres eux, titré The Internet revolutionizing revolutions, portait sur Change.org, un site de pétitions en ligne. Si vous démarrez une pétition et que l’effet boule de neige se met en place à travers les médias sociaux, vous aurez alors le pouvoir de changer le monde, et ce à partir de votre ordinateur, tablette ou téléphone intelligent. Ça peut vraiment faire une différence.

Change.org, c’est aussi ce qu’on appelle l’entrepreneuriat social, qui est loin de l’œuvre de charité ou de l’organisme à but non lucratif (même si Change.org a pris une extension .org pour son site). On démarre une entreprise dont la raison d’être sera d’utiliser des moyens innovants afin d’atteindre une finalité sociale. Simplifié, Change.org utilise des revenus de publicité pour faire rouler ses serveurs, payer ses employés et en ressortir un bénéfice. Sa cause : offrir une voix à ceux qui n’en ont pas. Et l’effet va dans toutes les directions, de cette jeune femme qui exige (et réussit) que Bank Of America retire ses frais de carte de débit, à une offensive (encore une…) visant Apple est le traitement des employés chinois (voir aussi mon billet qui traite du sujet en général).

J’ai déjà quelques billets sur ma table de travail visant de la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE), mais le cas de l’entrepreneuriat social est particulier puisqu’il intègre d’abord la RSE à son modèle d’affaires. Et les TIC dans tout ça? Plusieurs opportunités d’entrepreneuriat social sont issues des TIC, souvent sur un modèle similaire à Change.org, en utilisant le Web 2.0. Quelques exemples :

  • En réalisant des recherches sur Internet, il était possible de s’associer à une cause de son choix en se dirigeant d’abord sur ce maintenant défunt site web : www.neoaid.com
  • En participant au concept de microcrédit à travers Kiva.org, ou son grand frère ProFounder.com qui, quant à lui, permet de lever des fonds nécessaires pour de petites entreprises américaines.

L’apport des technologies du web pour l’entrepreneur social a de grands avantages : on peut lancer un site avec peu d’investissement initial (faire une application basique de type pétition ne demande pas une grande analyse), et avec les technologies en nuage, on peut croitre nos capacités à la demande sans impacts trop importants sur l’investissement initial. Reste à augmenter sa visibilité dans les médias sociaux (afin d’amener une source de revenus) et c’est bingo.

Inspiré?

[Mise à jour 13 févriver 2012] Un concours a été lancé pour les entrepreneurs sociaux: À go on change le monde!

[Mise à jour janvier 2014] Le site ProFounder.com n’est malheureusement plus actif

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L’achat d’un ordinateur remis en état : est-ce toujours la meilleure solution?

Vous souvenez-vous de l’ère du portail web en 2 versions : haute-vitesse et « l’autre »? C’était l’heureuse époque où les consommateurs rejoignant l’internet par ligne commutée (traduction : le bon vieux « dial-up ») pouvaient encore demeurer devant leur ordinateur pendant qu’ils accédaient à leurs données. Maintenant, ces consommateurs doivent aller se faire un café (ou plusieurs) avant de voir apparaître le premier fragment d’information lors de la visite d’un site web. C’est que ces sites sont maintenant très chargés et que pour les consulter, l’utilisation d’un modem sur ligne téléphonique n’est plus une option(*). On a beau avoir l’ordinateur le plus puissant du monde, le plus petit dénominateur commun demeure dans ce cas la connexion internet, et une connexion trop lente ruine l’expérience de l’utilisateur.

Ceci m’amène au sujet du jour : les ordinateurs et le recyclage en vue de leur réutilisation. À regarder la pyramide de la gestion des déchets (en référence au 3RV), on constate que la réutilisation est plus proche du « souhaitable » que l’élimination, et c’est tant mieux. Des entreprises se spécialisent d’ailleurs dans la remise en état d’ordinateurs, en y apportant certaines mises à jour à la fois matériel (augmentation de la mémoire RAM par exemple) et logiciel (installation d’une version récente du système d’exploitation). Ceci permet de donner une seconde vie à ces ordinateurs qui peuvent encore offrir quelques années de bons services.

Mais est-ce toujours une bonne idée de se procurer ces ordinateurs remis en état, pour des besoins personnels? Je pose la question en revenant à mon analogie du « dial-up ». Il est maintenant évident que les systèmes d’exploitation, les logiciels, et l’accès à des sites web de haut niveau demandent à ce que les ordinateurs soient de plus en plus performants. On peut n’avoir aucune donnée conservée localement sur son ordinateur (elles seraient alors sauvegardées dans le Nuage), mais on ne peut les accéder (ou du moins, difficilement) que si notre ordinateur rencontre la performance minimale requise. Le matériel est donc intimement lié au logiciel, et sans dire qu’ils doivent se suivre au millimètre près, ils ne peuvent être décalés de trop. Afin de répondre à nos exigences applicatives, les logiciels que nous utilisons demandent maintenant des prérequis matériels appropriés (RAM, CPU, etc.). L’achat d’ordinateurs remis en état pour alors s’avérer être une erreur, selon nos besoins. Évidemment, il y aura toujours une clientèle qui, pour des besoins occasionnels (jeux pour enfant, accès internet modéré, lecture de courriel, traitement de texte, etc.), n’a pas besoin de toute la puissance d’un ordinateur récent, pourvu que ce dernier soit équipé de logiciels appropriés, par exemple en évitant l’installation de la dernière version d’Office, qui pourrait être trop « lourde » pour les capacités de l’ordinateur.

Heureusement, la rapidité des changements matériels et logiciels devient de moins en moins perceptible pour l’humain (est-ce vraiment utile d’avoir une microseconde de meilleure performance lorsqu’on utilise un logiciel de traitement de texte?), ce qui nous permet de conserver nos ordinateurs personnels plus longtemps sans être pénalisé en termes d’expérience utilisateur. Encore là, cela dépend de nos besoins (les joueurs de jeux vidéo voudraient par exemple maintenir une performance maximum), et ceci n’inclut pas les ordinateurs de type serveurs qui eux tirent avantage à suivre la loi de Moore afin d’augmenter leur capacité et ainsi faire plus (de traitement de données) avec moins (de serveurs, donc économie à l’achat, en énergie, etc.).

Il n’y a donc pas d’équation parfaite. La solution pourrait être dans la « Réduction » : acheter un ordinateur aujourd’hui et le conserver beaucoup plus longtemps… Peut-être est-ce le temps de monter d’un cran dans la pyramide des 3RV?

* Sachez que selon des statistiques récentes, AOL aurait encore 3.5 millions d’abonnés à la connexion « dial-up ».

PS : Mon ordinateur aura bientôt 3 ans, et je ne planifie pas le changer puisqu’il satisfait toujours mes besoins… J’espère seulement que sa vie utile sera à la hauteur!