Archives mensuelles : janvier 2012

CES 2012 : Prix innovation, catégorie Eco-Design and Sustainable Technologies

J’aimerais amener aujourd’hui le sujet de Cycle de Vie de produits. C’est en feuilletant (virtuellement, sur mon iPad) les produits du CES 2012 que j’ai eu mon « eurêka moment » : un des produits honorés est-il vraiment vert?

On connait bien certains paradoxes : si une voiture électrique est alimentée par une source électrique provenant d’une centrale au charbon, est-ce vraiment un meilleur choix qu’une voiture à essence? Si votre tomate d’hiver pousse dans une serre québécoise, est-elle un meilleur choix qu’une tomate importée d’un pays où la chaleur et le soleil sont au rendez-vous toute l’année? Seule une analyse de cycle de vie de ces produits pourrait nous offrir une réponse avec justification.

Le produit dont il est question est un étui solaire de SolarFocus Technology Company Ltd pour votre Kindle, qui permet une recharge du Kindle et de le protéger du même coup. Il a été sélectionné dans la catégorie Eco-Design and Sustainable Technologies [Mise à jour janvier 2014: la liste 2012 de ces prix n’est malheureusement plus disponible]. Il se décrivait comme

Not only the epitome of GREEN, but also provide consumers with utility for powering their Kindle while « On the go ».

Wow, « epitome of GREEN » (que l’on pourrait traduire par un modèle environnemental), vraiment?

Si l’on regarde la page des spécifications pour ce produit (en date de la publication de cet article), on ne retrouve qu’une fois le terme Environnement (« The first solar book cover for the Amazon Kindle e-reader takes an environmentally friendly approach to enhancing form and utility. »), et une fois le terme Vert (« Show-off Your “Green” Gadget Everywhere You Go »). Et ce sont à peu près les seules prétentions environnementales décrites. Plutôt mince…

Pourquoi ai-je un problème avec ce produit? Sa fonction est un étui protecteur (aucun problème avec ceci), où l’on a intégré un panneau solaire permettant la recharge du Kindle sans avoir à le recharger de façon conventionnelle. Le panneau solaire remplace alors l’électricité utilisée lors d’une recharge, et seule une analyse de cycle de vie pourrait nous éclairer sur la prétention verte entre les impacts liés à la fabrication, utilisation et disposition du panneau solaire et les avantages qu’il offre sur la consommation d’énergie pour la recharge du Kindle. L’intégration d’un panneau solaire a d’autres avantages de type utilitaire : une plus grande autonomie dans l’usage du Kindle avant qu’une recharge conventionnelle ne soit nécessaire. Ici, on ignore la fonction du Kindle lui-même (celle du e-book) car ce n’est pas la fonction de l’étui (l’étui existe à cause de l’existence du produit Kindle).

Un autre facteur à considérer est la durée de vie du produit. L’étui en question est conçu exclusivement pour un seul produit (l’étui est moulé pour prendre la forme d’un modèle de Kindle), ce qui lie sa durée de vie à la vie du Kindle en question. Est-ce une bonne approche d’éco-conception? Qu’arrivera-t-il lorsqu’un nouveau modèle de Kindle aux dimensions différentes sera disponible? Les étuis précédents deviendront obsolètes? Quelle est la durée de vie programmée du Kindle (celle où le produit est rendu obsolète par l’arrivée de nouveaux produits plus performants et attirants)? Je serais prête à gager que la durée de vie réelle est plutôt courte…

J’avoue avoir lancé plus de questions que de réponses, n’ayant pas de données pure et dure. J’avoue ne pas avoir couvert d’autres aspects liés au Kindle et son étui. Voilà justement où se joue la communication verte : avec le peu d’information sur ce produit, j’ai peine à croire qu’il pouvait se qualifier dans la catégorie Eco-Design and Sustainable Technologies. Mais voilà tout le débat autour des gadgets présentés au CES.

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Vert n’est pas la couleur du CES 2012 ?

En début d’année, 2 foires commerciales se partagent les médias spécialisés nord-américains : le Salon de l’auto de Détroit, et le CES (Consumer Electronic Show, à Las Vegas). En préparation pour le CES qui débutera demain, le 10 janvier, la journaliste de TreeHugger démontre quelques frustrations sur la portée durable du salon. Elle qualifie entre autres une zone particulière du salon nommé Sustainable Planet de « it’s a joke », alors que le journaliste de GigaOM qualifie cette zone de « it’s pretty lame ». À suivre…

Un point que je retiens : une des bases du développement durable est la communication avec ses parties prenantes, et les médias sont des parties prenantes de pratiquement toute entreprise. La première frustration que la journaliste de TreeHugger exprime est qu’aucune des entreprises majeures représentées au salon ne fera la promotion de ses initiatives durables, alors qu’il y a 2 ans à peine, ces mêmes entreprises faisaient des pieds et des mains pour promouvoir leurs initiatives. Pour une journaliste spécialisée dans les questions environnementales, ceci laisse un goût amer…

Je vous laisse avec 2 exemples de réponses qu’a obtenues Jaymi Heimbuch de TreeHugger.

Toshiba’s media representative simply said they don’t know what environmental stuff they have this year that’s new and to simply stop by the booth and ask (which in CES code means: stop by the booth, but no one will actually be available to chat with you on the topics).

et

When Pioneer emailed to set up interviews, I asked what environmentally friendly products or programs they have that I could find out about, but the representative flat out said, « We don’t have anything that would be a good fit at this time, but I’ll be in touch should there be in the future. »

Êtes-vous l’ami de Bill Weihl?

En novembre 2011, Bill Weihl quittait son rôle de « czar » de l’énergie propre chez Google (j’avoue ne pas savoir d’où provient ce titre). L’annonce a eu l’effet d’une onde de choc dans la communauté des TIC durable. Quelques jours avant Noël, Fresh Dialogue nous informait qu’il rejoindrait les rangs de Facebook fin janvier 2012, gardons alors un œil sur son profil LinkedIn…

Des allées et venues de M. Weihl surgissent quelques pensées à voix haute. Au moment du départ de M. Weihl, Google nous avisait de l’annulation de son programme « Renewable Energy Cheaper than Coal (RE<C) ». Et plus récemment, Greenpeace et Facebook faisaient la paix, annonçant le 15 décembre 2011 une collaboration suite à la campagne « Unfriend Coal » de Greenpeace. Suis-je la seule à y voir un lien?

Si ce n’est pas déjà fait, il est temps de devenir l’ami Facebook de M. Weihl!

Premier billet : des plateformes technologiques derrière les blogueurs!

Parmi les nombreux sujets que j’ai déjà en tête (et plus j’y pense, plus j’en trouve!), quoi de mieux que de discuter des plateformes technologiques qu’on retrouve derrière ces millions de blogues.

La démocratisation du concept de blogue permet de donner une voix à ceux qui en désirent une, sans que les médias traditionnels soient impliqués. En quelques cliques, on peut se mettre à parler de tout et de rien, et avec un peu d’astuces, notre voix peut charmer une audience inespérée, et influencer ceux qui ont une écoute intéressée. On a qu’à regarder le film Julie & Julia pour voir avec quelle facilité il est possible de démarrer un blogue, et de développer des « followers » sans intervention divine.

Alors, comment faire le lien entre développement durable et les technologies derrière ces blogues? Tout d’abord, un retour sur le rapport Brundland et sa définition reconnut : « Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Et par développement durable, on entend ces 3 piliers, soit l’équité sociale, l’efficience économique, et finalement le maintient de l’intégrité de l’environnement.

Avant de finaliser mon choix d’une plateforme, j’ai fait une évaluation sommaire des fonctionnalités de 3 technologies provenant d’univers très différent : WordPress (OpenSource), Blogger (acquis par Google) et Tumblr (la star montante du microblogging, financé par diverses sources). De ces 3 plateformes, quelle est la plus « durable »? Difficile à dire, n’est-ce pas, et c’est une question qui n’a aucunement motivé mon choix! Elles partagent toutes la caractéristique de donner une voix, à la base elles sont gratuites (des frais supplémentaires peuvent apparaître par contre), et possèdent toutes des politiques visant le contenu (vol d’identité, contenu haineux, etc.) et la vie privée. Seul Google publie certaines informations liées aux performances énergétiques de ses centres de données (pilier Environnement), mais rien de précis sur d’autres aspects de sa plateforme Blogger. WordPress (.org) obtient une portion de la cote « Sociale » puisqu’elle est issue de la communauté OpenSource, mais l’OpenSource est souvent couplé d’une compagnie parallèle et ici, c’est automattic.com qui prend ce rôle en gérant WordPress.com (.com VS .org vous expliquera la différence). Pour ce qui est de Tumblr, pas d’information disponible, même les internautes se demandent comment ils atteignent la rentabilité. Il semble donc difficile, voire impossible, de se forger une opinion sur l’aspect durable de ces plateformes par manque d’information. Comment gèrent-ils leur centre de données? Comment traitent-ils leur employé et leurs « clients »? Où se trouve leur rapport de développement durable (suivant l’approche du Global Report Initiative)?

Lorsqu’on jette un coup d’œil au secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC), on se rend compte que trop souvent, l’application de « développement durable » se résume à la gestion énergétique de centre de données et à une implication philanthropique. Ce billet ne sera donc pas le premier à poser la question (GreenMonk se posait aussi la question il y a 3 ans!). La faveur a jusqu’ici été envers les changements climatiques et le « Green ICT », mais les TIC ont tellement négligé des aspects du développement durable que ce blogue se ravitaillera sans problème!